Michel Houellebecq, en organisant, d’une façon peu orthodoxe, la parution et la promotion de son roman - la possibilité d’une île – a incontestablement donné à celui-ci, avec la complicité naïve des journalistes, un attrait peu ordinaire.
La presse en général (le quotidien Le Monde mis à part), mais plus particulièrement celle qui, sous l’alibi du devoir et de la liberté d’information, ne supporte plus d’être laissée pour compte, a affirmé tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi d’ailleurs, à propos de l’auteur et de son œuvre.
Prétendre que Houellebecq offre « l’impression », commune bien souvent à tous les génies, d’un individu névrosé jusqu’à la limite de la maladie mentale est juste.
Sous-entendre que l’auteur de « Plateforme » et des « particules élémentaires » a une très haute opinion de lui même – « je suis peut être trop intelligent », répondit - il à un journaliste d’ARTE mal intentionné – est exact.
Pérorer à propos du prétendu défaut d’originalité de « la possibilité d’une île » , en comparaison avec les œuvres précédentes (extension du domaine de la lutte, rester vivant et Lanzarote) de celui qui ne cache pas sa sympathie pour le « prophète » RAËL, est de « bonne guerre » de la part d’écrivains en mal de génie.
Accuser Houellebecq de misogynie, d’homophobie, d’islamophobie, d’eugénisme ou de toutes autres joyeusetés du genre sorties de l’esprit pauvre et stérile de journalistes néoplasiques et bien pensants est absurde et procède de cette démagogie abêtissante et méprisable de quelques néo-intellectuels malheureusement de plus en plus nombreux.
Ceux-là crient haro sur la bête immonde. Ils la dénoncent à l’indignation de tous afin de donner à chacun des auditeurs le droit d’exécuter le coupable.
Michel Houellebecq vous pouvez, à votre tour et légitimement, « crier haro sur la bêtise contemporaine ».
Houellebecq, Schopenhauer des temps modernes, manie des concepts et des idées positifs et bien réels. Il refuse de vomir cette bouillie du cœur que l’ on appelle « les opinions ».
Peu lui chaut de savoir si la réalité, aussi triste soit elle, plait aux moutons de Panurge qui se délectent de bêler ensemble, peut être tout simplement pour se rassurer.
Le souci d’humanité n’est pas exclusif de celui d’honnêteté et de réalisme. Que n’aurait on dit d’un Houellebecq contemporain du projet Manhattan d’Einstein et de la construction de la première bombe atomique ? Personne n’a été capable de dire au génie physicien qu’il préparait et permettait la destruction d’Hiroshima et la mort insupportable de 80.000 hommes, femmes et enfants.
Alors, pourquoi feindre d’ignorer que la biologie, leitmotiv de l’œuvre « houellebesque », est au vingt et unième siècle ce que la physique et la chimie furent au vingtième ?
Car au fond, Houellebecq, quoique n’ en disent les « socialisants de tout poil », constate, expose, dénonce, mais il n’épouse aucune cause.
Le monde cours de plus en plus vite à sa disparition désormais toute proche. Michel HOUELLEBECQ ne sera pas complice de non assistance à humanité en péril.
Au moins, rendons lui cette grâce.
Cosinus.
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