Voici, enfin, un sujet digne d'intérêt : les
poupées de Sarko et de Ségo. Le juge des référés a tranché - que n'auriont nous pas entendu si le
Président eusse obtenu gain de cause, il pleut, il mouille le saint prince a sévi ?
Puis la révolution française, allons y, nous sommes dans le vif du sujet " tous ces gens qui sont morts pour notre
liberté" Enfin, gardons la tête sur les épaules - Louis XVI ne manqua pas d'humour lorsqu'il monta sur l'échafaud
en s'écriant, après avoir trébuché sur les lieux de son trépas, "ciel, voici là un bien mauvais présage".
Mais pour qui, pour quoi sont ils morts ces braves bourgeois révolutionnaires : pour sauver Sacco et vanzetti, pour réhabiliter Alfred Dreyfus - oh pardon il était
juif, mauvais exemple, pour les 3 guerres mondiales
depuis, la mise au point de l'arme nucléaire (cf. article, rub. livres : M. HOUELLEBECQ) détenue
par certains illuminés qui ne songent qu'à détruire l'Etat d'Israël ? - le vingtième siècle a été le plus meurtrier de
tous !
Mais ça n'est pas fini : interdit de fumer, de boire, bientôt d'acheter des "bonbons aux enfants"... ne pas oublier surtout de manger 6
fruits et 6 légumes par jour.
Vive le liberté, le roi est mort. Avant de critiquer, rendez vous au deuxième étage du musée du Louvre et admirez la peinture de Philippe de Champaigne (le Cardinal de
Richelieu tout de pourpre vêtu) pour imaginer, simplement essayez d'imaginer, ce qu'ont étés les siècles de
l'Ancien Régime.
Qui suis je ? un géronte et nostalgique royaliste militant en faveur de la restauration ? Un anarchiste de droite,
voilà une définition qui me convient bien : oui je veux mouiller mes lèvres sur le sexe d' une personne qui se prostitue, je veux fumer en paix, me saoûler la gueule, n'en déplaise aux Danton et Robespierre qui voulaient "faire pleurer Margot".
Voilà le summum qui a défrayé la chronique et un juge en manque de médiatisation : la condamnation pénale de Guy Carlier pour avoir prétendument offensé Dame Rousseau,
l'ancienne compagne du sieur Villeneuve.
Nous voulons la liberté, la voici la chérie.
Mais rendons à César ce qui est à César. De Carlier à ses détracteurs, voici l'histoire :
nous sommes en février 1942. Un jeune fille, encombrée d'un étui de violoncelle qu'elle serre maladroitement contre elle, monte
dans le tramway de Pessac à Bordeaux. Elle se dirige vers l'avant du tram, là où restent toujours des placent libres, en
provoquant sur son passage les quolibets obscènes des ouvriers de la base de sous-marins et le grognements d'autres passagers,
endormis, frigorifiés, qu'elle heurte de son volumineux bagage.
Elle finit par s'asseoir près d'une fenêtre, tenant toujours son étui de violoncelle contre le corps. En face d'elle,
un jeune homme portant des lunettes de myope l'a observée pendant qu'elle s'asseyait mais, par timidité, il a détourné la
tête dès que le regard de la jeune femme a croisé le sien et il semble maintenant complètement absorbé par la banlieu
bordelaise qui défile.
A son tour, elle l'observe et, très vite, s'aperçoit que le jeune homme la regarde dans le reflet de la vitre. Par jeu et par défi, elle le regarde à son tour dans le même reflet et lui
sourit. Le garçon rougit mais continue à faire semblant de regarder dehors.
Alors de son index ganté de laine, sur le buée de la vitre, elle écrit son prénom : Clara.
Lui, écarlate, parvient à rester imperturbable, et ne la regarde même pas, lorsque, arrivée au conservatoire, elle descend du tramway.
Le lendemain matin, les ouvriers de la base sous-marins reprennent de plus belle leurs commentaires grossiers sur le passage de Clara. L'un d'entre eux, un petit bonhomme à casquette, aux joues
couperosées, écarte de façon obscène ses jambes en bleu de travail pour imiter la position des violoncellistes.
Mais Clara est déjà assise en face du jeune homme aux lunettes de myope. Juste au moment où il va recommencer son manège de la veille et se mettre à regarder le paysage, elle lui dit bonjour
d'une voie enjouée.
Alors il la regarde. Alors ils se regardent. Interminablement. Et sans dire un mot, juste dans ce regard échangé, ces deux la se racontent, ils s'offrent leurs enfances, ils ne se
connaissaient pas mais se savent déjà et se boivent des yeux.
Elle bougea la première comme on brise un cristal. Elle lui tendit la main mais, en faisant ce mouvement, les bras de l'étui du violoncelle se déplaça et l'étoile apparut.
Le jeune homme rougit en lui serrant la main comme s'il 'avait vue nue.
Gênée de le gêner, elle lui parla.
Elle étudiait le violoncelle au conservatoire de Bordeaux et avait continué avec d'autres élèves un orchestre à cordes. Elle lui montra la partition de l'oeuvre sur laquelle elle travaillait.
Il ne connaissait rien à la musique, alors elle lui expliqua qu'il s'agissait d'un quatuor de Haydn, appelé l'Empereur, devenu l'hymne
allemand.
A cette vocation, il ne put s'empêcher de regarder l'étoile jaune, et lui dit : "ça doit être un très beau morceau pour que vous
l'aimiez malgré tout..."
Elle répondit : " Il n'y a pa d'autre mélodie au monde"
Elle était arrivée. Comme elle devait se lever, il lui attrapa la main, dans un geste de brutale tendresse, en criant presque : " Attendez..."
Il avait trop de choses essentielles à lui dire, alors il balbutia : "Je veux que vous sachiez que... j'aimerais tant vous regarder dormir..." Elle essayant de dégager sa main, mais
il s'accrochait à elle comme un noyé et, juste pour prolonger l'instant, il continua bêtement sa phrase : " J'aimerais vous regarder dormir, et puis..., tout doucement, soulever votre visage,
retourner votre oreiller et vous reposer tout doucement du côté frais...".
C'était puéril...c'était puéril, mais Clara était en larmes en descendant du tramway.
Le lendemain, le jeune homme entendit roter puis rire de la base sous-marine, etattendit en vain la jeune fille.
Il ne la vit pas non plus le lendemain...
Ni les jours suivants.
Au bout d'une semaine, il descendit du tramway à l'arrêt du conservatoire et alla demander au concierge s'il connaissait une amie à lui, qui se prénommait Clara et jouait du violoncelle.
Le vieux monsieur lui expliqua que les miliciens étaient venus, et qu'ils avaient amenés les juifs, même des enfants, mais ils avaient un ordre officiel signé Papon, précisa t-il.
Le jeune homme, dévasté, se fit la remarque idiote que la loge sentait l'urine de chat.
"Vous êtes de la famille de Clara Kaplan?" lui demanda le concierge.
Il s'entendit répondre " nous allions nous marier ", alors le vieux monsieur qui sentait l'urine de chat lui remit le violoncelle dans son étui.
Après avoir eu les mains brisées par des gardiennes polonaises; Clara KAPLAN mourut Ravensbrück en avril 1944.
L'autre soir, à la télévision, on nous montra l'arrivée en hélicoptère de Maurice Papon à la prison de Fresnes.
Dans la foulée massée devant la maison d'arrêt, on voyait un vieux monsieur portant des lunettes de myope qui attendait, anachronique, face au Terminators du cordon de C.R.S.
Quand l'hélicoptère amenant l'immonde se posa dans la cour sous les huées de voleurs d'autoradios, le vieux monsieur
leva les bras et tendit très haut un carton sur lequel, d'une écriture appliquée, avec des pleins et des déliés, il avait juste écrit "Clara".
Et je vous jure qu'à cet instant, devant ma télévision, j'ai entendu un violoncelle qui jouait l'hymne national allemand et
une voix de jeune fille qui disait " Il n'y a pas d'autre mélodie au monde."
VIVE LA FRANCE, VIVE LA REPUBLIQUE.
Cosinus.
Très belle histoire de Clara Kaplan.
Savez vous si nous pourrions joindre d'une façon ou d'une autre Guy Carlier pour lui demander l'autorisation de publier cette histoire dans un magazine musical ?
Merci