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Livres

Dimanche 16 octobre 2005
 
 
Michel Houellebecq, en organisant, d’une façon peu orthodoxe, la parution et la promotion de son roman - la possibilité d’une île – a incontestablement donné à celui-ci, avec la complicité naïve des journalistes, un attrait peu ordinaire.
 
La presse en général (le quotidien Le Monde mis à part), mais plus particulièrement celle qui, sous l’alibi du devoir et de la liberté d’information, ne supporte plus d’être laissée pour compte, a affirmé tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi d’ailleurs, à propos de l’auteur et de son œuvre.
 
Prétendre que Houellebecq offre « l’impression », commune bien souvent à tous les génies, d’un individu névrosé jusqu’à la limite de la maladie mentale est juste.         
 
Sous-entendre que l’auteur de « Plateforme » et des « particules élémentaires » a une très haute opinion de lui même – « je suis peut être trop intelligent », répondit - il à un journaliste d’ARTE mal intentionné – est exact.
 
Pérorer à propos du prétendu défaut d’originalité de « la possibilité d’une île » , en comparaison avec les œuvres précédentes (extension du domaine de la lutte, rester vivant et Lanzarote) de celui qui ne cache pas sa sympathie pour le « prophète » RAËL, est de « bonne  guerre » de la part d’écrivains en mal de génie.
 
Accuser Houellebecq de misogynie, d’homophobie, d’islamophobie, d’eugénisme ou de toutes autres joyeusetés du genre sorties de l’esprit pauvre et stérile de  journalistes néoplasiques et bien pensants est absurde et procède de cette démagogie abêtissante et méprisable de quelques néo-intellectuels malheureusement de plus en plus nombreux.
 
Ceux-là crient haro sur la bête immonde. Ils la dénoncent à l’indignation de tous afin de donner à chacun des auditeurs le droit d’exécuter le coupable.
 
Michel Houellebecq vous pouvez, à votre tour et légitimement, « crier haro sur la bêtise contemporaine ».
 
Houellebecq, Schopenhauer des temps modernes, manie des concepts et des idées positifs et bien réels. Il refuse de vomir  cette bouillie du cœur que l’ on appelle « les opinions ».
 
Peu lui chaut de savoir si la réalité, aussi triste soit elle, plait aux moutons de Panurge qui se  délectent de bêler ensemble, peut être tout simplement pour se rassurer.
 
Le souci d’humanité n’est pas exclusif de celui d’honnêteté et de réalisme. Que n’aurait on dit d’un Houellebecq contemporain du projet Manhattan d’Einstein et de la construction de la première bombe atomique ? Personne n’a été capable de dire au génie physicien qu’il préparait et permettait la destruction d’Hiroshima et la mort insupportable de 80.000 hommes, femmes et enfants.
 
Alors, pourquoi feindre d’ignorer que la biologie, leitmotiv de l’œuvre « houellebesque », est au vingt et unième siècle ce que la physique et la chimie furent au  vingtième ?
 
Car au fond, Houellebecq, quoique n’ en disent les « socialisants de tout poil », constate, expose, dénonce, mais il n’épouse aucune cause.
 
Le monde cours de plus en plus vite à sa disparition désormais toute proche. Michel HOUELLEBECQ ne sera pas complice de non assistance à humanité en péril.
 
Au moins, rendons lui cette grâce.
Cosinus.
 
Par cosinus
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Samedi 29 octobre 2005

Plus qu'un roman sur l'histoire et la culture de l'Afghanistan, le récit de Khaled HOSSEINI est d'une intensité rarement égalée,

une intrigue particulièrement bien élaborée, une écriture poignante et fulgurante,

Au fil des pages, les yeux toujours humides...,

Autant de qualités qui deviennent, hélas, bien rares.

"...Assef s'agenouilla derrière Hassan et, l'agrippant par les hanches, tira à lui ses fesses nues. Une main toujours appuyée sur le dos de la victime, il défit sa ceinture. Baissa sa braguette. Puis son slip. Hassan ne lutta pas. Pas plus qu'il ne gémit. Il tourna juste lègèremement la tête, si bien que j'entrevis un bref instant son visage. J'y lus la résignation. Cette expression, je l'avais déjà vue par le passé. Dans le regard de l'agneau sur le point de mourir..."

cosinus.

 

Par cosinus
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Mercredi 2 novembre 2005

Lorsque je  suis à Paris, je ne manque jamais une occasion de me rendre à la librairie " les mots à la bouche" **.

L'ensemble du personnel est particulièrement sympathique et compétent pour parler des livres. Je sais qu' il y aura toujours un employé qui se souviendra de mes goûts et me conseillera utilement.

Les rencontres orgnanisées avec les auteurs, récemment Frédéric MITTERRAND ou Bertrand DELANÖE, sont savoureuses.

Une librairie qui sait s'orienter sans jamais être vulgaire ni sectaire, tout simplement une librairie intelligente que je recommande à tous de découvrir.

Cosinus.

**  "les mots à la bouche", 6, rue sainte croix de la bretonnerie 75004

Par cosinus
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Mardi 13 décembre 2005

Il n'est pas question, ici, de retracer l'oeuvre d'Oscar Wilde, même si celle-ci ne manque pas de qualités et d'intérêt à plusieurs titres.

Mais la publication aux éditions STOCK (la cosmopolite) - 2005 pour la traduction française - de la retranscription intégrale des comptes rendus d'audience du procès d'Oscar WILDE, avec une magnifique et intelligente préface de Merlin Holland, m'inspire ce billet.

A ceux qui se passionnent à propos de la vie qui a été celle d'  Oscar Wilde, je ne ferais pas l'injure de rappeler, aux autres je l'apprendrais, le chef d'oeuvre écrit par l'auteur, installé au fond de sa celulle, vêtu d'habits de forçat, ruiné de ses bien et, ce qui est pire encore, de ce qui fut son immense réputation.

Effectivement, Oscar fut condamné, au 19 ème siècle, par la justice anglaise, pour le "crime" d'homosexualité ou, plus précisemment, de sodomie puisque, pour ses braves juges, l'une n'était pas exclusive de l'autre.

Au commencement de cette triste affaire, la relation de l'auteur de De Profundis avec Lord Alfred Douglas, triste sire pour les uns, la majorité,  pauvre freluquet et prostitué pour les autres ...

 Pour en savoir plus, je vous recommande vivement la lecture de l'ouvrage précité (De profundis) qui est une longue, belle et émouvante lettre, sans concession  - peut être le cri le plus fort qu 'un homme n'ait jamais poussé - adréssée à Lord Alfred Douglas par la faute (volontaire) duquel, c'est en tout cas mon avis, Oscar a été condamné à deux années de travaux forcés.

Après avoir purgé sa peine-  Oscar, amaigri, usé, désepéré de la vie et de l'art auxquels il donnait tant d'importance et ruiné - on ne comprend pas, lorsqu'on connait les "saloperies" de son amant qui ne lui a jamais rendu visite dans sa cellule, comment une relation entre eux a pu se renouer.

Une brêve relation cependant. Moribond, Oscar ne semblait plus passionner le Lord qui l'abandonna une fois de plus et le laissa mourir dans un miteux hôtel parisien.

Mais qu'est il devenu ce génie de la vie et de la littérature  par la faute d'une petite frappe refusant de le soigner alors qu'il était malade, préférant se rendre à l'invitation d'une partouze organisée par deux jeunes éphèbes de mauvaise vie ?

Afin d'être tout à fait complet, vous pouvez lire la réponse, non concluante, de Douglas à Oscar dans son livre "Oscar et moi".

Mais c'est la première fois que le transcription intégrale du procès d'Oscar est édité.

Il est indispensable de le lire afin de bien comprendre pourquoi Oscar s'est mal défendu.

Il était convaincu - face à ses accusateurs hypocrites appartenant à  la bonne société anglaise victorienne et  bien pensante - d'être à même de faire éclater sa bonne foi, car il était persuadé n'avoir commis aucun acte répréhensible.

J'ai la faiblesse de le croire.

Pour finir, je citerais cette phrase magnifique de De Profundis et qui explique ce titre: "la vérité vient de l'intérieur".

Cosinus.

 

Par cosinus
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Mercredi 26 novembre 2008

Deux bouquins, lus récemment : l'un, dont je ne connaissais même pas l'auteur (1), l'autre dont je ne connaissais pas le titre (2).

1) L'homme qui marchait sur la lune. (Howard McCord, publié chez Galmeister).

William Gasper, un homme qui, depuis cinq ans, arpente inlasablement la lune, "une montagne de nulle part" en plein coeur du Nevada ? Déjà étrange.

De ce marcheur solitaire, personne ne sait rien. Est -il un ascète, un promoteur mystique, un fugitif ?

Tandis qu'il poursuit son ascension, ponctuée de souvenirs réels ou imaginaires, son passé s'éclaire peu à peu : ancien tueur professionnel pour le compte de l'armée américaine, il s'est  fait de nombreux ennemis. Parmi lesquels, peut être, cet homme qui le suit sur la lune ?

Entre Gasper et son poursuivant s'engage alors un jeu de chat et de la souris.

Je n'en dirai rien de plus - il y a des bonheurs dont il faut profiter sur l'instant - voici un roman étonnant et inclassable. Génial tout simplement.

Ps : Howard McCord, nous dit le quatrième de couverture, "est né en 1932, au Texas. Vétéran de la guerre de Corée, il l'auteur  de récits distingués par plusieurs prix prestigieux aux États - Unis..."

2) Face au ténèbres, chronique d'une folie. (William Styron. Pour faire plaisir au subversif, cf. son blog référencé, je tenterai, un jour, d'écrire quelques mots sur W. Styron qui, comme beaucoup de génies de la littérature, trop souvent torturés, s'est volontairement donné la mort).

Écrit par l'auteur du choix de Sophie, je me bornerai à reproduire "le résumé" du quatrième de couverture (Folio - Gallimard, 1990 pour la traduction française) de Philippe Sollers.  (je déteste les romans de P. Sollers).

Nous ne croyons pas à l'enfer, nous sommes incapables de l' imaginer, et pourtant il existe, on peut s'y retrouver brusquement au delà de toute expression. Telle est la leçon de ce petit livre magnifique et terrible.

Récit terrible d'une dépression grave, avec son cortège d'angoisses, d'insomnies de "rafales dévastatrices", de tentations de suicide, il nous montre pour la première fois ce qu'est réellement cette "tempête des ténèbres" intérieure qui eut frapper n'importe qui à chaque instant, mais peut être plus particulièrement certains écrivains, ou artistes, Heminguay, Virginia Woollf, Romain Gary, Primo Levy, Van Gogh : la liste de ce proies distinguées de l'ombre serait longue.

Enfer, donc, comme celui de Dante, douleur sans autre issue que celle de l'autodestruction, état de transe incommunicable que ne soupçonnent pas les autres, pas même les psychiatres.

Pourtant, la guérison est possible, on peut en tirer une connaissance nouvelle.

Avec précision et courage, le grand romancier qu'est Willian Styron plaide ici à la fois pour une meilleure compréhension de notre prochain, abîmé dans l'horreur, et contre le goût du néant qui nous guette tous."

Cosinus.

Par cosinus
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Mardi 9 décembre 2008

stefan-zweig.jpg


Le voyage dans le passé : Stefan ZWEIG : un homme, une femme, neuf ans après... un texte inédit en France à lire, comme beaucoup d'autres récits ou biographies, d'urgence.

Auteur lu, relu, apprécié pour ses ouvrages - on parle de "zweigmania" (1) - souvent pessimistes, mais réalistes, lui qui s'est donné la mort parce qu'il n' pas pu supporter la "condition humaine" et comprendre comment les camps de concentrations, qu'il a fréquentés ont pu exister avec leurs cortèges d'horreurs et le sens des enfermements des juifs.

Avant de passer à l'acte, sujet à une grave dépression essayons de comprendre :

Lui savait, ce qui est rare, ce qui avait crée sa dépression, alors que personne ne le saura en ce qui concerne la sienne.

Parvenir à le savoir s'avèrera probablement à jamais impossible si complexes sont les facteurs de la chimie, du comportement et de la génétique.

(1) A Lire, en priorité, de ZWEIG : - la confusion des sentiments,
                                                           (cf. l'excellente adaptation cinématographique avec Michel PICCOLI),
                                                             - 24 heures de la vie d'une femme,
                                                          (film excellentissime avec Michel SERRAULT),

                                                             - le joueur d'échec.......

Cosinus 

Par cosinus
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Lundi 15 décembre 2008

Loin de moi l'idée d'un billet qui consisterait à laisser penser que, du plus loin que je me souvienne, aucun prix Goncourt n'a été un excellent ouvrage.

Pour n'en citer que deux - Bonjour tristesse (F. Sagan) et, plus près de nous, les bienveillantes (Jonathan Littell - bien que...), le jury de l'année 2008 a récompensé un auteur et son livre et non une maison d'édition pour de basses raisons commerciales et de "copains coquins".

Il s'agit du titre "Syngué Sabour, Pierre de patience(1) d' "Atiq RAHIMI" :

"...Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères...On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres...t la pierre écoute, absorbe, comme  une éponge, tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate...Et ce jour là on est délivré ..."

J'aimerais beaucoup des réactions de ceux qui ont lu ce livre, avec adoration, délectation  ou non d'ailleurs également - afin, peut être, d'en discuter ou lire vos avis (soit en privé - sur mon E - mail - soit au moyen d'un commentaire public ici).

Cosinus.


(1) Singué Sabour - Sege sabur - (du perse syngue " pierre ", et sabour "patiente "). Ref. Dictionnaire "la mythologie Perse" (Le littré).

Par cosinus
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